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les avions de chasse




Rafale de l'Escadron de Chasse 1/7

Un avion de chasse (ou simplement chasseur) est un avion militaire conçu pour attaquer les avions adverses, qu'il s'agisse par exemple de bombardiers afin de les empêcher d'atteindre leurs cibles, ou d'autres chasseurs afin de protéger les bombardiers de son propre camp.

Histoire 

Première Guerre mondiale


Vickers F.B.5, biplan anglais à hélice propulsive, 1914.

Un Fokker Triplan Dr1 allemand, l'avion du Baron rouge.

Fokker D.VIII, monoplan allemand.

SPAD XIII de fabrication française portant les cocardes américaines.

Les avions de chasse apparaissent lors de la Première Guerre mondiale afin d'attaquer les avions et ballons de reconnaissance ennemis, puis les premiers bombardiers. La reconnaissance aérienne prend en effet dès le début du conflit une importance majeure dans la conduite des opérations, permettant pour la première fois l'observation directe des fortifications, dépôts et mouvements de troupe ennemis, et le réglage des tirs d'artillerie. Les appareils qui mènent ces missions deviennent donc des cibles prioritaires.

Le premier combat aérien a lieu le 5 octobre 1914 près de Reims. Le combat aérien naît, au début de la Première Guerre mondiale, de la frustration des équipages d'avions de reconnaissance croisant l'ennemi dans les airs sans pouvoir le combattre. Des expédients sont tout d'abord employés, y compris des armes de poing et d'épaule, voir des grappins. Très rapidement des Allemands utilisent la puissante mitrailleuse, et le deuxième homme d'équipage, dit observateur, devient aussi mitrailleur après montage d'un tourelleau comme support d'une mitrailleuse. Le tir vers l'avant est cependant alors rendu impossible par la présence de l'hélice (sauf sur les quelques avions à hélice propulsive), ce qui interdit le tir en poursuite et l'emploi de monoplaces pourtant plus performants.

Le Français Roland Garros conçoit le premier un système surmontant cette difficulté après avoir tiré au revolver à travers un ventilateur puis constaté que peu de projectiles touchèrent les pales. Il monte une mitrailleuse sur son capot moteur et fait placer par son mécanicien de petites pièces métalliques sur l'hélice pour dévier les rares balles qui risqueraient de l'endommager. Après la capture de son appareil en bon état et son interrogatoire par les allemands, l'idée est reprise par Anthony Fokker qui décide de l'améliorer en concevant un ensemble mécanique bloquant le tir lorsqu'une pale de l'hélice se trouve devant le canon de la mitrailleuse. La synchronisation du tir de la mitrailleuse à travers les hélices est née, et avec elle l'avion de chasse.

D'autres systèmes sont testés, en particulier une mitrailleuse placée sur l'aile supérieure tirant vers l'avant au-dessus du plan de rotation de l'hélice, comme sur le Nieuport 11. Mais les systèmes à synchronisation, bien que plus lourds et complexes, se révèlent supérieurs car, placés au plus près de l'axe de vol, ils facilitent la visée. Des systèmes de tir à travers l'axe creux de l'hélice sont testés ; cependant, outre sa complexité, un tel système ne peut concerner qu'une seule arme. Le nombre de mitrailleuses montées sur chaque appareil augmente rapidement, atteignant quatre.

Les appareils sont développés très rapidement au cours de ce conflit, souvent en moins de trois mois, ce qui n'offre qu'une supériorité de quelques semaines ou mois à un nouveau modèle d'appareil performant, avant d'être rendu obsolète. Quelques uns des premiers aviateurs de la première guerre mondiale disposent d'une expérience de pilote avant l'ouverture du conflit, mais les pertes humaines sont nombreuses, et les jeunes pilotes ont généralement une formation ne dépassant pas quelques semaines avant d'être envoyés en mission. De nombreux pilotes se tuent aux commandes de leurs appareils, en raison des défauts de constructions de ces premiers avions. En particulier, le développement des moteurs rotatifs refroidis à l'air qui équipent la majeure partie des appareils de cette guerre, sont plus légers, mais génèrent une importante masse d'inertie qui provoque des réactions imprévisible des appareils. Outre les accidents, les combats aériens et l'apparition de l'artillerie antiaérienne provoquent d'importantes pertes humaines.

Ces pionniers de l'aviation de guerre découvrent le vol, remplissent des missions d'attaque et d'escorte, et mettent au point les premières tactiques et manœuvres de combat. La propagande crée les premiers As, qui deviennent le symbole de leur aviation nationale. Ils prennent une part prépondérante dans le commandement des groupes de chasse et la formation des jeunes pilotes qui leur sont confiés, et participent avec les constructeurs à la création et l'amélioration des appareils de chasse.

En 1917, le nombre croissant d'appareils dont les armées sont dotées conduisent à l'apparition de grandes formations de vol, entrainant des combats aériens impliquant plusieurs dizaines d'appareils. Les premiers avions bombardiers ayant une certaine efficacité font leur apparition sur le front Ouest dans cette seconde moitié du conflit, créant un nouvel objectif pour la chasse aérienne. Sur le front Est, les russes disposent du Ilia Mouromets de Sikorsky dès 1913.

Entre-deux-guerres

Rapidement après la Première Guerre mondiale, le monoplan devient la norme pour les avions de chasse. L'épaisseur des ailes y permettent l'insertion des mitrailleuses, munitions et du carburant. L'innovation technologique est motivée par les grandes courses de vitesse civiles qui sont organisées, et la vitesse des appareils s'accroit fortement : elle fait plus que doubler entre les deux guerres. À la fin des années 1930, les appareils à revêtement métallique ont l'ascendant technologique sur les appareils en bois et en toile considéré généralement comme dépassés. Mais la plupart des armées sont dotées d'appareils obsolètes, à l'exception notable du Supermarine Spitfire anglais et du Messerschmitt Bf 109 allemand.

Seconde Guerre mondiale


Le Spitfire, avion de chasse majeur de la Seconde Guerre mondiale

Lors de la Seconde Guerre mondiale, les chasseurs ont eu à jouer un rôle prépondérant : le contrôle du ciel et la supériorité aérienne sont devenus une partie vitale de la doctrine militaire, par exemple dans le cadre de la Blitzkrieg. Pendant la bataille d'Angleterre, l'incapacité de la Luftwaffe à venir à bout des escadrons de chasseurs britanniques a rendu l'invasion de la Grande-Bretagne impossible.

Les recherches destinées à produire des chasseurs de plus en plus performants aboutirent entre autres à l'apparition, en opérations, des premiers avions à réaction, à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Les premiers furent les Messerschmitt 262 allemands, mais ils furent peu utilisés car l'État-Major les destinait plutôt au rôle de chasseur-bombardier. Les Gloster Meteor anglais apparurent également à la fin de la guerre, mais n'effectuèrent que des interceptions de V1 et quelques missions d'attaque au sol, sans rencontrer d'avions ennemis.

Après la Seconde Guerre mondiale

Consacrant le déclin irréversible des avions à hélice, la guerre de Corée fut l'occasion des premiers combats aériens entre chasseurs à réaction, principalement entre le F-86 Sabre américain et le Mig-15 russe.

Dès les années 1950, des avions de chasse supersoniques furent développés, rapidement suivis par des avions capable de voler à plus de deux fois la vitesse du son. D'une façon générale, on vit apparaitre des avions de plus en plus performants mais aussi de plus en plus gros et complexes.

Caractéristiques


Le MIG-21 russe, un des meilleurs chasseurs à réaction de son époque

Le cahier des charges d'un bon avion de chasse a considérablement changé avec le temps. Les caractéristiques de base étaient initialement :

  • le plus manoeuvrable possible, afin d'esquiver un avion adverse et de se mettre facilement en position de tir (Sopwith Camel, Mitsubishi Zero),
  • rapide en montée, en palier et en piqué (Spad VII, Me 109), afin de pouvoir rattraper ses cibles ou au contraire échapper à un adversaire trop puissant,
  • puissamment armé pour porter des coups efficaces dans un minimum de temps (Hurricane, Fw 190, P-47)

Pendant la Seconde Guerre mondiale, ces critères se sont modifiés progressivement :

  • la manoeuvrabilité passant au second plan derrière la vitesse et la puissance de tir (Me 262),
  • la résistance aux coups nécessaire à la survie de l'avion et du pilote
  • l'autonomie de vol devenant essentielle pour les missions à longue portée (P-51 Mustang)

De nos jours, avec les combats hors du champ visuel, un chasseur doit être :

  • équipé d'un radar performant lui permettant de détecter toutes les cibles potentielles autour de lui
  • équipé de contre-mesures électroniques.

Ses armes sont :

  • des mitrailleuses initialement, puis des canons à partir de la Seconde Guerre mondiale
  • des roquettes entre la fin de la Seconde Guerre mondiale et les années 1960
  • des missiles air-air depuis la fin des années 1950

 

 

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